Connaissez vous le PSYCHOPHARMARKETING ?
Un mot forgé par Mikkel Borch-Jacobsen qui enseigne à l’Université de Washington. Voici ce qu'il en dit:
"Depuis une trentaine d’années, il ne se passe pas de jour sans qu’on apprenne l’existence et la gravité de troubles psychiques jusque-là inconnus ou négligés :
Dépression, syndrome de fatigue chronique, trouble du déficit d’attention avec hyperactivité, trouble de l’anxiété sociale (aussi appelé phobie sociale), trouble affectif saisonnier, trouble dysphorique pré-menstruel, attaques de paniques, trouble bipolaire, fibromyalgie, désir sexuel féminin hypoactif...
Comment expliquer ces modernes épidémies? Est-ce la science psychiatrique qui progresse et nous permet de mieux repérer des pathologies ignorées? Est-ce la société contemporaine qui sécrète de nouvelles formes de mal-être psychique ?
On proposera une autre hypothèse, plus cynique: cette prolifération correspond aux stratégies marketing des grandes compagnies pharmaceutiques qui promeuvent des “maladies” inédites afin de tailler des marchés pour leurs molécules.
Ce marketing des maladies, appelé “condition branding”, affecte la médecine moderne dans son ensemble, mais il est particulièrement pernicieux et efficace dans le domaine des troubles psychiques, pour des raisons qu’on essaiera d’expliquer.
Le Docteur Knock, s’il lui arrivait de revenir parmi nous, se recyclerait vraisemblablement dans le psychopharmarketing."
Mais, heureusement que veille le bon Dr Marx, mon prof de psychopathologie, qui commente :
"Nous avons besoin de construire un mot pour faire exister la chose.
Les patients sont rassurés : ils savent pourquoi leur fille ne parle pas. C'est parce qu'elle est muette.
Les médecins sont rassurés : ils peuvent faire les savants, donner un diagnostic et écrire une ordonnance.
L'économie tourne et la consommation va bon train.
Mais pourquoi pas de congrès luxueux sur le thème --pourtant crucial !-- du "syndrome métabolique" ?
Parce qu'il suffit pour le traiter, de moins (mieux!) manger et de faire du sport.
Aucun médicament à vendre.
Aucun labo pour subventionner à perte.
Et si l'essentiel ne s'achetait pas ?
Les signes de reconnaissance, la confiance, l'intimité partagée, la complicité, l'humour, la chaleur humaine, l'insouciance de l'enfance, et le son cristallin de l'intelligence ?"

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